Un peu d’histoire…

Cette très modeste évocation de l’histoire de la commune s’appuie sur les sources et la bibliographie suivantes :

Haute-Loire – Encyclopédie Bonneton (Martin De Framond – Auguste Rivet)
Coubon … Autrefois – Fernand Monatte
Histoire du Velay, jusqu’à la fin du règne de Louis XV – Jean Arnaud – Michel Arnaud
Ponts de la Haute-Loire – Jean CHERVALIER
Le témoignage de Brigitte DUMAS, membre de GENEAL 43 et coubonnaise…

Nous vous invitons à consulter ces ouvrages.

Au commencement 

commencement de la vie
commencement de la vie

Les grands phénomènes géologiques ont façonné les paysages du Massif Central et de la Haute-Loire. Ils ont été déterminants dans l’évolution des territoires.
A l’ère primaire une faille géologique apparaît et sépare les terrains sédimentaires du vieux socle granitique du Velay daté de – 385 millions d’années (nous sommes encore bien loin de Charentus….).
Durant l’ère tertiaire, plusieurs lacs se sont succédé dans le bassin du Puy déposant des sédiments dont les marnes du Mont St Maurice. Le volcanisme embrase le sud du Velay, le Mézenc (1754 m) surgit il y a environ 10 millions d’années.

volcan
volcan

A l’ère quaternaire, deux dépressions de part et d’autre du plateau basaltique du Devès vont accueillir La Loire et l’Allier. Des sables à mastodontes sont visibles dans le méandre de Farges. La géologie fait alterner des terrains durs avec des abris naturels, de riches alluvions et des dépôts de cendres volcaniques.
La présence de l’homme sur le territoire de la commune de Coubon, attestée par de nombreuses traces, remonte à la préhistoire. Un climat spécifique, une bonne exposition et bien entendu, la présence de la Loire ont constitué un environnement propice au développement des activités humaines.

L’arrivée de l’homme 

Evolution de l'homme
Evolution de l’homme

Les premières traces préhistoriques sont des petits outils vieux d’environ 8000 ans, les chasseurs de cerfs, sangliers et chamois parcouraient déjà les plateaux qui dominent Coubon. Une sépulture collective au Mont Jonnet date probablement de 3 à 4000 ans et montre l’existence de rites funéraires. Des outils ont été trouvés dans les abris troglodytiques de La Roche et du Mont St Maurice, celui-ci fournit des indices de culte préhistorique: dolmens écroulés, sarcophages, citernes.
De la Gaulle au Royaume de France :

village gallo romain
village gallo romain

Déjà l’histoire de COUBON est intimement liée à celle du Velay. Les Vellaunes étaient une peuplade primitive de la Gaule. A l’époque romaine, la population Vellave était presque entièrement ligure ou gauloise.
Des pistes gauloises existaient probablement, suivant les vallées, utilisant des gués, traversant les plateaux et les cols. Les constructeurs romains se sont sans doute bornés à améliorer ces pistes. Des relations commerciales se développent. Les vins d’Italie, la céramique campanienne (céramique noire fabriquée en Italie) parvenaient dans la région entre le IVe siècle avant J-C et le 1er siècle avant J-C).
Un cippe romain (stèle en pierre carrée) tumulaire en arkose taillé sur 3 faces se trouve maintenant près de l’église de Coubon. Il s’agit sans doute d’une borne indicatrice d’une voie. Il était auparavant sur la place de Coubon et a été déplacé avec l’aménagement du nouveau pont.
De nombreux fragments de poteries, bronze et verreries ont été découverts sur la commune, et sont exposés au Musée Crozatier du Puy, dont une tête de divinité de 32 cm trouvée près de la Roche à Coubon. Des vases, sans doute urnes funéraires romaines, ont été mis à jour en 1862 près d’Orzilhac. De nombreux débris antiques ont également été retrouvés dans des champs ou lors de travaux à Charentus (tegulae ou tuiles romaines, anneau en bronze…).
André Crémilleux, qui a effectué avec son équipe de nombreuses fouilles sur site et notamment au Mont Saint Maurice, émet l’hypothèse que l’on se trouve en présence de deux habitats, l’un attribué à l’époque du bronze ancien et l’autre à l’époque gallo-romaine.
En 476, l’empire Romain d’Occident s’écroule en raison des invasions barbares. Les Wisigoths s’imposent dans toute l’Auvergne.
A l’époque Mérovingienne, le Velay est rattaché au Royaume d’Aquitaine. Il existe alors l’émergence d’une forte culture chrétienne parmi l’aristocratie, l’implantation progressive de l’Église dans les territoires et une certaine reprise économique survenant après l’effondrement de l’empire Romain.
Dans le même temps, le Velay délaisse sa capitale, la cité de Ruessium (Saint Paulien) trop fragile et dépourvue de fortifications pour Anicium. En 937, à la faveur des conflits incessants entre le Comte de Toulouse et le Comte de Poitiers pour la succession des ducs d’Aquitaine, l’évêque d’Anicium s’affirme grâce également à son atelier monétaire.
A partir du Xe siècle, le Velay devient comté-évêché sous domination royale, au profit de l’évêque du Puy, qui porte le titre de comte.
Coubon entre dans l’histoire en 1090. L’évêque du Puy Adhémar de Monteil va conduire la première croisade et fait don de l’Eglise St Georges de Coubon à l’abbé Guillaume IV. Un bénitier en granit daterait du 11ème siècle, de la première église. Quelques éléments subsistent de la chapelle Ste Catherine fondée par les Poinsac au 14ème siècle, chapelle où ils auront leur sépulture. L’église sera reconstruite en 1837.

Eglise de Coubon
Eglise de Coubon

Coubon est à cette époque une étape stratégique. C’est ici que la route du Puy à Avignon franchit La Loire, itinéraire déjà fréquenté par les légions romaines.
Après son intégration au royaume de France en 1229 par un traité entre Saint Louis et le Comte de Toulouse, le Velay est rattaché à la province du Languedoc et à la sénéchaussée de Beaucaire. Le pays est représenté aux assemblées du Languedoc, mais est régi pour ses affaires internes par une assemblée annuelle propre: les États du Velay. La vie politique du Velay est régulièrement marquée par les luttes de pouvoir entre l’évêque et la noblesse.
Les habitants du Velay continuèrent de suivre exclusivement le droit romain et à parler la langue d’Oc.
Du Royaume à la République……
Du XIV au XVIe siècle (soit de Louis XI à Henri IV…), la vie des hommes est rythmée par les famines, les grandes épidémies de peste qui ravagèrent la région. Le Velay est secoué par les guerres civiles et les guerres de religions, particulièrement violentes.
Les grandes familles du Velay, les Chalencon, Rochebaron, Chapteuil, Saint Vidal, Polignac, s’affrontent et les conflits d’intérêts n’épargnent pas les populations locales.
Le compoix de 1696 (cadastre) dénombre alors 19 maisons à Coubon, et plusieurs maisons de maîtres. La maison carrée de Jean Louis Baud qui deviendra le manoir des sœurs St Charles puis sera incorporé dans la maison de retraite. La maison et curtilhage de Vidal Pommarel deviendra la mairie. Un béal longe La Loire et alimente plusieurs moulins à eau, utilisés pour moudre le grain ; le seigneur local bénéficiait du droit de ban en contrepartie de l’utilisation de l’eau de La Loire.
Dans l’ensemble, la Révolution Française est plutôt mal perçue par la population Vellave qui reste très attachée à ses valeurs religieuses et qui n’a pas apprécié les violences et les dévastations des envoyés de la Convention.
La Révolution a profondément modifié le découpage du territoire. Le département de la Haute-Loire, comme presque tous les départements français, date des débuts de la Révolution Française. Son nom et ses limites ont été fixés par des décrets de l’Assemblée constituante des 21 et 26 janvier 1790. Terre de culture occitane, le comté épiscopal du Velay, longtemps rattaché à l’ancienne province du Languedoc, forme aujourd’hui les deux tiers Est du département de la Haute-Loire.
Quant aux communes, elles ont été, elles aussi, créées en 1790 en même temps que les départements, les districts (futurs arrondissements) et les cantons. Mais on ne connaît pas le document qui a délimité les communes de la Haute-Loire. Il est difficile d’en dresser la liste pour la période révolutionnaire et on ne connaît bien cette liste qu’à partir de 1802. Elle comprend 277 communes.
Après la Révolution, la Commune de COUBON était constituée d’une partie du territoire de Solignac, Taulhac, Ours et Mons et de la totalité des territoires de Bouzols, Latour, Volhac et Charentus. Elle comptait un peu plus de 2 200 habitants et était l’une des plus étendue de la Haute-Loire.
Développement industriel
La faïencerie d’Orzilhac
C’est en 1777 que Joseph Ignace Lashermes (alors marchand de dentelle au Puy en Velay) crée la faïencerie. L’argile rose du Mont St Maurice utilisée à la faïencerie, alimenta en partie la production sur une vingtaine d’années. Il recruta pour la faire fonctionner deux faïenciers lyonnais. Cette faïencerie cesse son activité en 1796.
Certaines pièces sont exposées au Musée Crozatier du Puy.
Chemin de fer : la ligne Le Puy Langogne, la gare de Coubon Volhac
A l’orée du 20ème siècle, de grands espoirs sont nés pour le développement industriel, et apparaît le chemin de fer qui devait désenclaver les campagnes. La création d’une ligne de chemin de fer entre Le Puy en Velay et Langogne fut décidée en 1881.

chemin de fer
chemin de fer

De nombreux ouvriers travailleront sur le chantier, trouvant le gîte et le couvert dans les cambuses, ce qui eut une grande incidence sur la vie économique et sociale pendant 30 ans environ.
Cette voie unique de 53 km destinée à irriguer le quart sud-est de la Haute Loire a été ouverte le 1er juillet 1912, exploitée par la compagnie PLM.
Après certaines difficultés d’exploitation, telles que la neige avec des congères qui pouvaient atteindre 7 m de haut, puis la concurrence de la route, le trafic voyageur prit fin en 1946 et la fermeture définitive eut lieu en 1981.
La conception parfaite des ouvrages d’art, la qualité et le fini de leur exécution se remarquent toujours un siècle après leur réalisation. La ligne est aujourd’hui totalement déclassée et aménagée pour la promenade.
Aujourd’hui désaffectée, la voie ferrée est devenue une voie verte pour la promenade, reliant Brives-Charensac à Solignac sur Loire et la gare abrite maintenant une salle de sport et des logements… Afin de rappeler le passé aux nouveaux arrivants, le lotissement qui longe la gare et les anciens quais se nomme « Le petit train »…

Ancienne gare de Coubon
Ancienne gare de Coubon

L’usine de filature de la Darne

 Le 3 novembre 1908 est posée la première pierre de la société des fileries de la Darne, fondée par Mr Vacher, un industriel en dentelles du Puy, afin de concurrencer le fil de lin belge nécessaire à la dentelle. Dessinée par Gustave ROUX, les matériaux de construction restent locaux (brique, basalte et arkose) mais l’utilisation du béton armé et une toiture en « shed » (dent de scie) en font une construction novatrice à cette époque. La cheminée mesure 42 m de hauteur !
Cette usine impliquera la construction du pont sur la Laussonne, d’un barrage sur La Loire avec chute d’eau et d’une usine électrique à Charentus.

Filature de la Darne à Coubon
Filature de la Darne à Coubon

En 1920, 160 personnes travaillent aux filatures, entre 10 et 11 h par jour, 6 jours sur 7… Certains ouvriers viennent travailler en train… depuis Solignac par exemple.
Cette filature fonctionnera jusqu’en 1976, date de la fermeture.
L’usine électrique de Charentus :
Cette usine électrique, construite par l’entreprise Blondel pendant la première guerre mondiale, entre 1916 et 1917, avec l’aide de prisonniers allemands (toujours en service aujourd’hui). Cette électrification locale bénéficie à la commune qui se voit concéder gratuitement 2 lampes de 25 bougies.

Usine électrique de Coubon
Usine électrique de Coubon

Les Temps Modernes….
La première guerre mondiale

Un remarquable travail de recherche a été mené par les membres de deux associations « Histoire et Patrimoine Arsac et Coubon » et Généal 43 sur l’ensemble des soldats nés sur la commune de COUBON.
Une recherche individuelle sur chacun d’eux a permis de retracer leurs parcours militaire de 1914 à 1918 ainsi que leur généalogie sur 4 générations.

La commune de COUBON (qui englobait toujours ARSAC à cette époque) a vu 557 de ces hommes appelés sous les drapeaux. 90 ne sont jamais revenus, très nombreux ont été les blessés et mutilés de guerre.
La totalité de ces travaux sont disponibles aux Archives Départementales et à la Mairie de COUBON ainsi qu’à la Mairie d’Arsac en Velay.

En décembre 1927, après de longues et laborieuses discussions sur leurs limites respectives, Coubon et Arsac se séparent et deviennent deux communes distinctes.

La deuxième guerre mondiale et aujourd’hui 

Aujourd’hui Coubon est l’une des 28 communes de la communauté d’agglomération du Puy en Velay, qui structure la vie économique sociale et culturelle du bassin du Puy.
Rattachée à la Région Auvergne, la Haute-Loire a cependant d’importantes relations économiques avec la Région Rhône-Alpes. Lors de la prochaine réforme territoriale de 2016, elle se verra rattachée à la grande région Rhône-Alpes. Le nombre de régions passera alors de 28 à 13.
La commune compte aujourd’hui plus de 3 000 habitants.
L’activité économique de COUBON est essentiellement artisanale. La proximité immédiate du PUY EN VELAY a largement favorisé le développement de l’habitat et la plupart des actifs travaillent sur la Communauté d’Agglomération.
Les loisirs découlent de la proximité du Mézenc qui domine la région de ses 1754 m, de plusieurs lacs, du chemin de St Jacques de Compostelle et bien entendu de La Loire et du chemin de Stevenson. Ski et raquettes l’hiver, randonnées, cyclo toute l’année, on peut comprendre l’attrait qu’exerce un tel environnement depuis fort longtemps.

Les ponts de Coubon

L’histoire de COUBON est intimement liée à la traversée de la Loire. Elle en tire d’ailleurs sa devise : « Au milieu se trouve le courage ». Le pont devient son emblème.
Plusieurs voies antiques passaient sur le territoire actuel de Coubon. La voie du Mézenc à Laussonne, celle de Solignac à Cayres, la route du Monastier, une bifurcation de la voie principale qui reliait la Méditerranée à la Bretagne, enfin la route d’Avignon. Selon toutes probabilités, La Loire était franchie à Coubon. La plus ancienne mention est de 1290 : « pont de Coubon de sept à huit arcs … ». Plusieurs ponts de bois ont ensuite été construits puis détruits par les crues. Pendant une longue période, le pont a été remplacé par un bac.
« En 1516, le bailli du Velay avait exposé au Roi François 1er la nécessité de construire un pont à Coubon. Le pont fût construit en 1518. »
« Le 9 septembre 1559, sous le règne de François II, la Loire grossit si extraordinairement que le pont de Coubon fût rompu, et plusieurs personnes noyées. L’inondation fut si considérable… que l’eau couvrait sur les deux rives du fleuve, la plaine qui entourait le village. »

En 1845 un pont suspendu est inauguré, puis englouti par la crue de 1866, le bac reprend du service. Un autre pont suspendu est construit en 1875, qui sera remplacé à l’apparition de l’automobile par un pont en dur en 1928, emporté par la crue de 1980. Le pont actuel est ouvert en 1984.

Photos : ponts de COUBON

Ancien pont de COubon
Ancien pont de COubon
Ancien pont de Coubon détruit par la crue du 20 septembre 1980
Ancien pont de Coubon détruit par la crue du 20 septembre 1980